SELARL vetosteolajarige : Cabinets d'exercice exclusif en Ostéopathie vétérinaire à Saint Vaury (Lajarige) et Bosmie l'Aiguille  ( Impasse Saint Paul).

HISTORIQUE

Le terme ostéopathie a une origine contestée : pour certains, il est constitué des racines osteo (os) et pathein (souffrir), pour d’autres la racine path vient de l’anglais et signifie chemin…ce qui semble finalement plus satisfaisant. Mais le mot ostéopathie est pour le moins mal choisi, et il convient plutôt de parler de médecine manuelle, même si ce terme paraît souvent, aux yeux de nos pairs, péjoratif, voire charlatanesque. En fait il y a très longtemps que les thérapeutes ont utilisé leurs mains pour apaiser les souffrances de leurs contemporains. On retrouve des gravures et des textes égyptiens faisant état de massages et de «  raboutage ». Ces thérapeutes étaient souvent prêtres : Dans son livre «  Ars Veterinaria » (Galena Ed), le Dr WALKER cite cette phrase traduite d’inscriptions figurant sur des tombes de Hatnub en Egypte : «  j’étais un prêtre de Sekhmet, puissant et habile dans son art. Je posais ma main sur le malade et je comprenais  (sa maladie). J’étais habile à examiner avec mes mains  … » signé Aha Nekht, médecin de l’homme et des animaux. ( rapporté par F Lizon : La consultation Ostéopathique et homéopathique du chat et du chien- Ed similia 1988). Que sentait ce prêtre ? Y a-t-il une perception de ce que nous appelons le MRP ou CRI ? Etait-ce du magnétisme ? En tout cas les mains, à une époque où les analyseurs chimiques ne régnaient pas en maître, étaient un instrument fondamental du médecin pour écouter. On peut regretter que notre médecine actuelle privilégie souvent l’analyse au détriment de l’observation…
En médecine chinoise, l’écoute manuelle revêt une grande importance, en particulier dans la lecture des pouls : la prise de pouls à l’artère radiale chez l’homme ou sur l’artère fémorale chez le chien (Molinier), permet de déterminer avec une grande finesse les dysfonctionnements organiques du patient.
Plus près de nous, les grecs apportaient une grande attention à l’examen manuel des malades.
En occident, Ambroise PARE au XVIème siècle préconisait les thérapies manuelles. Cependant, peu à peu, ces soins glissèrent vers la chiropractie et les non médecins, un peu comme si ce qui n’était pas expliqué (nous dirions aujourd’hui scientifiquement prouvé), était peu à peu banni des enseignements des facultés et des pratiques médicales. Il est difficile et parfois dangereux d’avoir raison trop tôt.

A ce stade, il est utile d’effectuer un petit «  retour sur image » et de nous pencher sur les siècles passés.
D’Hippocrate à Claude Bernard, l’ensemble du monde médical baigne dans le « vitalisme », cette idée, presque cette religion, qui donne prépondérance à la VIE : une foi en la vie qui guidera la naissance et l’évolution des sciences médicales, toutes orientées vers la recherche de l’origine du principe vital. En fait, toutes ces avancées se firent sous étiquette « scientifique », mais avec une essence philosophique.
Nous venons d’utiliser trois termes différents pour décrire le cheminement de la pensée de nos prédécesseurs sur la voie de leur vérité…religion….philosophie….. science….
Si l’on reprend les définitions données par les positivistes (Auguste Comte 1798-1857) ou  Proudhon, anarchiste quant à lui (1809-1865), on verra dans la Religion, la Philosophie et la Science, trois étapes de la progression de la connaissance humaine :
D’abord la religion, expression instinctive et symbolique permettant à une société humaine d’exprimer son opinion sur l’ordre universel, puis la philosophie, aspiration à « connaître » au sens le plus pur, enfin la science, définie par la compréhension claire et raisonnée de l’ordre (toute disposition sériée ou symétrique). (Proudhon, cité par Eric Degen- Cours DE Ostéopathie ENVN 2003).

La religion vise à l’universalité, s’appuyant sur la foi et des dogmes par définitions statiques, la philosophie tente d’en rechercher les causes, ce qui l’amène sans cesse à de nouveaux doutes et conduit immanquablement au scepticisme.
Quasiment à l’opposé, au final, la science observe et note les évènements, en tire des lois et les applique ensuite aux évènements futurs, passant de l’observation à la prédiction.
Celui qui sans nul doute, en occident, représente le mieux ce cheminement, pour y avoir consacré sa vie, est Claude Bernard (1813-1878). Ainsi, dans une médecine « scientifique » balbutiante, il contribua à ordonner l’observation de la morbidité, des symptômes cliniques, de l’évolution des maladies et des lésions observées sur les autopsies. Il suivit ainsi la voie des pionniers de la fin du XVIIIème : Laennec (1781-1826), Bichat (1771-1802), Pinel (1745-1826), Corvisart (1755-1821).
La médecine était sur de beaux rails, cherchant sans cesse à observer et expérimenter, pour dégager les lois du vivant.
Puis Pasteur ramena la vie à un combat contre le germe….

Mais à la fin de ce siècle, qui fut celui de l’anatomie interne et de la chirurgie, PALMER, un «  empirique » et STILL, un médecin, s’intéressèrent de façon rationnelle et réfléchie à la « vertébrothérapie ». La relation désordre vertébral/maladie allait en sens inverse du dogme pastorien sous lequel nous vivons toujours qui est l’absolue relation microbe/maladie. Au siècle dernier, SUTHERLAND ouvrit les voies de l’ostéopathie crânio-sacrée.  En Europe, John Martin LITTLEJOHN crée la première British School of Osteopathy en 1917. Enfin, Harold MAGOUN développe une synthèse de l’ostéopathie crânienne vers 1951. Plus près de nous, J.P BARRAL (1985) et F. LIZON (1990-1995) conçoivent le principe de manipulation en ostéopathie viscérale respectivement en humaine et en vétérinaire. Je citerai pour terminer ce bref historique les mots de MC LUHAN, nous expliquant qu’avec la  médecine actuelle «  nous en savons de plus en plus sur de moins en moins ». Plonger dans la profondeur des organes et tissus pour connaître l’infiniment petit est nécessaire aussi longtemps qu’on n’oublie pas d’observer l’organisme dans son ensemble et dans son environnement : pourtant, déjà 450 ans avant JC, HIPPOCRATE affirmait que pour soigner un malade, le médecin devait tenir compte de son environnement, de son alimentation, de son habitat, et bien sûr des miasmes, nos agents pathogènes actuels. Ce grand médecin affirmait aussi toute l’importance du bon équilibre du squelette dans la conservation de la santé. Il pressentait déjà le principe fondamental de l’ostéopathie : l’unité du corps.

 

Source : Cours magistral IMAOV Module 1. JC Colombo/IMAOV 3 route d’Uzès, 30700 MONTAREN. Toute reproduction interdite.